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Écologie et mobilité

Vers une écologie urbaine à Carcassonne

Nourrir la ville

Objectif : viser l’autosuffisance alimentaire et reprendre la main sur ce que nous mangeons.

Carcassonne dispose d’un potentiel agricole réel, mais largement sous-exploité au service de l’alimentation locale. Alors que l’Aude reste un département agricole, plus de 90 % des aliments consommés sur le territoire sont importés, souvent sur de longues distances. Dans le même temps, la ville perd chaque année des terres agricoles au profit de l’étalement urbain, tandis que l’installation de nouveaux maraîchers reste complexe faute de foncier accessible et d’accompagnement.

La restauration collective représente pourtant un levier majeur : plusieurs milliers de repas sont servis chaque jour dans les écoles et équipements publics. Aujourd’hui, l’introduction de produits bio et locaux reste marginale et symbolique, sans structuration durable de la filière. Les outils existent — Plan Alimentaire Territorial, plateforme Agrilocal — mais ils sont encore insuffisamment mobilisés politiquement.

Cette situation est un non-sens écologique, social et économique : dépendance aux marchés mondiaux, faible rémunération des producteurs, qualité alimentaire inégale pour les enfants. Nourrir la ville est un choix politique : soit on subit, soit on organise la relocalisation.

Propositions

  • Créer une régie agricole municipale, sur le modèle de Mouans-Sartoux, avec des maraîchers employés par la collectivité pour approvisionner les cantines en 100 % bio et local.
  • Sanctuariser les terres agricoles périurbaines dans le PLU et les réserver prioritairement à l’installation maraîchère, comme à Albi.
  • Créer des espaces-test agricoles municipaux, avec accès au foncier, au matériel et à l’accompagnement, pour lever les freins à l’installation.
  • Basculer toute la restauration scolaire vers le “bio et local”, avec un objectif chiffré : 80 % d’approvisionnement local sous 5 ans.
  • Déployer des jardins nourriciers de quartier, adossés à des chantiers d’insertion, pour produire, former et retisser du lien social.

Rafraîchir et renaturer

Objectif : adapter la ville au dérèglement climatique et rendre la nature accessible à tous.

Carcassonne subit déjà les effets du changement climatique : vagues de chaleur plus fréquentes, épisodes pluvieux intenses, risques d’inondation accrus. Les quartiers minéralisés, la Bastide et certaines zones commerciales concentrent les îlots de chaleur, avec des écarts de température pouvant dépasser 5 °C par rapport aux zones végétalisées.

La ville reste marquée par une logique du “tout béton” : sols imperméabilisés, arbres isolés, végétalisation souvent décorative plutôt que fonctionnelle. Les cours d’eau — Aude, Fresquel, Canal du Midi — sont encore insuffisamment reliés par des continuités écologiques, alors qu’ils pourraient jouer un rôle central dans le rafraîchissement urbain.

Renaturer n’est pas un luxe esthétique : c’est une politique de santé publique, de justice sociale et de résilience climatique. Les villes qui ont agi montrent que c’est possible, rapidement et à coût maîtrisé.

Propositions

  • Créer une véritable ceinture verte autour de Carcassonne, en forêt urbaine multifonctionnelle, pour stopper l’étalement urbain et créer un poumon climatique.
  • Lancer un plan massif de désimperméabilisation, en priorité autour des écoles, places et parkings, avec un objectif chiffré de surfaces rendues à la pleine terre.
  • Appliquer une Charte de l’Arbre ambitieuse, privilégiant arbres de haute tige, ombrage réel et plantations en pleine terre.
  • Mettre en place un permis de végétaliser, inspiré de Libourne, avec accompagnement technique via le CAUE 11.
  • Organiser des chantiers citoyens de plantation, quartier par quartier, pour faire de la renaturation un projet collectif.

Apaiser et produire

Objectif : sortir de la dépendance au pétrole et reprendre le contrôle de l’énergie et de l’espace public.

La voiture reste aujourd’hui dominante à Carcassonne, y compris pour des trajets courts. Cette dépendance pèse sur le pouvoir d’achat, la qualité de l’air et l’espace public. Les mobilités actives restent discontinues, peu sécurisées, et insuffisamment connectées aux hameaux et zones d’activité.

Dans le même temps, la ville importe l’essentiel de son énergie, exposant ménages et collectivité à la volatilité des prix. Pourtant, le potentiel solaire est élevé et largement inexploité sur les bâtiments publics et commerciaux.

D’autres villes ont montré qu’une transformation profonde est possible : apaisement des centres, regain du commerce de proximité, baisse drastique des émissions. Il ne s’agit pas d’écologie punitive, mais d’un changement de modèle urbain.

Propositions

  • Déployer un plan vélo structurant et continu, reliant hameaux, zones commerciales et centre-ville, en lien avec l’Agglo et les associations locales.
  • Généraliser les “rues écoles”, fermées aux voitures aux heures d’entrée et de sortie, pour la sécurité et la santé des enfants.
  • Piétonniser intelligemment la Bastide, avec bornes escamotables, priorité aux résidents et aux usages de proximité, inspiré de Pontevedra.
  • Créer une régie municipale de l’énergie, pour développer le solaire sur les toits publics et soutenir des projets citoyens et coopératifs.
  • Déployer des réseaux de chaleur renouvelable (biomasse, géothermie) pour réduire durablement les factures énergétiques.